” Une question dans le cinéma marocain pour le réalisateur Saad Chraibi”

موند بريس

Préparé et présenté par : Abderrahim ECHCHAFII – journaliste – chercheur en études cinématographiques – assistant réalisateur

Bienvenue à l’invité d’honneur, le réalisateur marocain Saad Chraibi, réalisateur du film “Islam Ya Salam”. Au début, présentez-vous aux lecteurs?

R : Saâd Chraibi est un scénariste/ Réalisateur/ producteur qui travaille à observer l’évolution de sa société et des événements marquants qui se passent dans les régions du monde en lien avec son pays. A partir desquels, il essaie d’en rendre compte à travers des histoires narratives en images pour communiquer avec le/les récepteurs locaux et internationaux.

Combien de films avez-vous réalisé ?

R : jusqu’à présent, 3 courts métrages ; « Bouadel, de la vie d’un village » ; « Paroles et expressions » ; « Absence ». 3 téléfilms ; « L’affaire Sarah T » ; « Demande d’emploi » ; « Déchirements ». 7 longs métrages ; « Chroniques d’une vie normale » ; « Femmes…et Femmes » ; « Soif » ; « Jawhara fille de prison » ; « Islamour » ; « Femmes en miroir » ; « Les 3 M histoire inachevée »

D’où vous est venue l’idée de votre premier film ?

R : L’idée du premier film documentaire s’est formée à partir de l’observation de l’inégalité entre les hommes et les femmes dans un village dans le Rif, BOUADEL. Une scène réelle, vécue et marquante pendant l’enfance a été le facteur déclenchant. Il s’agissait des femmes du village qui allaient couper du bois dans la montagne à l’aube et qui revenaient avec des fagots lourds de bois sur le dos, tandis que les hommes du village sirotaient tranquillement leur thé sur la place du village. Cette scène révoltante et douloureuse a inspiré le premier film.

Parlez-nous de votre étude et du sujet de votre recherche? Est-il nécessaire d’étudier le cinéma pour devenir réalisateur ?

R : Il existe dans le monde différentes écoles de cinéma. D’un coté les écoles académiques avec des formations théoriques et pratiques, et d’un autre coté des écoles qui sont basées sur une formation à partir de l’observation, de l’apprentissage et d’un sens artistique. Je n’appartiens à aucune de ces deux écoles. J’ai été formé par le visionnage et la lecture des films dans les cinéclubs pendant plus de dix ans.

 

La majorité des films internationaux qui remportent des Oscars, dans lesquels le réalisateur est le même que le scénariste, et en tant que réalisateur et scénariste, quelle est la raison du succès de ces films ? Avez-vous tendance à cette dualité dans la réalisation de vos films ?

R : Globalement on distingue deux types de films ; les films dits d’auteurs ; dans lesquels le réalisateur est en même temps son propre scénariste, car il réfléchit sur le sujet de son film avant de l’écrire et de le réaliser. Puis les films initiés par des producteurs dans lesquels le réalisateur va répondre à une commande. Pour ma part, j’ai toujours agis en tant que scénariste/ réalisateur.

Parlez-nous de votre dernier film?

R : “Les 3 M histoire inachevée” provient d’une longue réflexion sur la folie actuelle du monde et la violence continue qu’il vit au quotidien. Je souhaitais donner mon point de vue sur cette question à travers une histoire qui illustre les contradictions entre les positions sociales et politiques d’un coté et les convictions et certitudes religieuses d’un autre coté. Le tout à travers le parcours de trois personnages « LES 3 M », juif, chrétien et musulmane pendant soixante ans de leurs vies communes.

Qu’est-ce que cela signifie pour vous d’être réalisateur ?

R : être un observateur de son époque, réfléchir sur son évolution et avoir un sens artistique pour témoigner de cette évolution à travers des films qui mémorisent chacune d’entre elle, dans un cadre attractif et qui crée un spectacle visuel sensible et attachant.

Quelles sont les difficultés du réalisateur au Maroc ?

R : La principale difficulté est constituée par le manque de liberté d’exprimer son point de vue sur tous les sujets sans restriction et sans retenue ou lignes rouges à ne pas dépasser.

 

La crise du cinéma marocain en un mot ?

R : Elle provident de son évolution technologique qui banalise sa création.

De votre point de vue, en tant que réalisateur, producteur, scénariste et critique de cinéma, comment voyez-vous la scène du cinéma au Maroc de votre point de vue ?

R : Elle a fait des pas considérables depuis un demi-siècle, mais il lui manque encore de la maturité et de la sérénité surtout dans la relation entre ses différents acteurs ; producteurs ; réalisateurs ; distributeurs ; scénaristes ; comédiens et techniciens, ainsi que le manque de clairvoyance et de gouvernance de ses dirigeants.

Quel est le rôle des ciné-clubs au Maroc ?

R : Il a été prépondérant dans les années 70 et 80 du siècle dernier, car il a formé des générations de cinéphiles, de critiques de cinéma, d’amoureux de l’image et même de quelques réalisateurs qui avaient en commun une fibre cinématographique et une passion de promouvoir un cinéma de qualité qui incite à réfléchir l’image et pas seulement à la consommer. Malheureusement, ce mouvement a perdu son rayonnement depuis cette époque.

Quel est votre prochain projet de film ?

R : je travaille sur un sujet qui retrace la pratique de la musique au Maroc depuis 60 ans.

 

Question facultative sur l’épisode :

R : Trois génération qui pratiquent chacune la musique de son époque et qui défendent son authenticité et son actualité.

Qu’est-ce que le cinéma signifie pour vous ?

R : Un moyen d’expression artistique formidable capable de toucher un nombre important de récepteurs et de les faire rêver et réfléchir.

Est-ce : l’art, la culture, un moyen d’acquérir des connaissances, juste un outil rentable, ou un moyen efficace de penser ?

R : Il est les trois à la fois, à conditions de respecter le contenu qu’il véhicule et le spectateur auquel il s’adresse. De ne pas tricher ni avec les idées et les sujets, ni avec la forme d’expression qu’il emploie.

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